Enseignant et enfant en classe de maternelle

UEM et UEEA : des classes nécessaires

Quand l’autisme de leur enfant se complique de troubles sévères ou de troubles associés, les parents rencontrent souvent de graves problèmes d’orientation. L’enfant n’a pas sa place dans une classe ordinaire, ni même dans une ULIS, car il a besoin d’un contenant plus conséquent, qui soit à la fois scolaire et médico-éducatif. Mais l’IME n’est pas nécessairement indiqué non plus, car l’enfant peut bénéficier d’une inclusion adaptée. Il peut être heureux d’aller à l’école.

C’est face à ces situations que des parents se sont battus et ont obtenu la création de ces nouvelles classes que sont les UEM (Unités d’Enseignement en Maternelle) et les UEEA (Unités d’Enseignement en Élémentaire Autisme). Mais ces classes sont en nombre encore insuffisant. C’est pourquoi, après en avoir souligné l’intérêt, nous traiterons dans un prochain article des actions à mener pour leur ouverture.

Une collaboration entre l’Education nationale et le secteur médico-éducatif

Les enfants concernés ont besoin d’apprentissages et de rééducations adaptées. L’idée qui a présidé à la création des UEM était donc de créer des classes ayant un statut et un fonctionnement particuliers, fondés sur une collaboration étroite et quotidienne entre l’éducation nationale et le secteur soignant, sanitaire ou médico-social. Et de fait, la solution retenue a été d’implanter des Unités d’Enseignement, qui sont les classes du secteur médico-éducatif, dans des écoles ordinaires. Il peut s’agir du transfert d’une Unité d’un IME ou de la création d’une nouvelle Unité d’Enseignement dans l’école. Dans tous les cas, elles restent rattachées à un établissement (IME) ou à un service (SESSAD) du secteur médico-éducatif et font l’objet d’une convention passée avec l’Education nationale.

Dans ces classes, enseignants et professionnels du secteur médico-éducatif sont appelés à travailler ensemble. La composition de l’équipe de l’Unité d’Enseignement est constituée a minima d’un enseignant spécialisé et d’un professionnel éducatif. Leurs interventions ne sont pas juxtaposées mais complémentaires.

Tous les intervenants partagent un même objectif, qui est de mobiliser les capacités d’apprentissage et de développer les capacités d’autonomie et de socialisation des enfants.

Ce fonctionnement permet de coordonner les actions pédagogiques, éducatives et thérapeutiques pour l’ensemble de la classe. C’est sans doute la principale différence d’avec les inclusions individuelles ou en ULIS.  Les intervenants réfléchissent ensemble non seulement aux besoins de chaque élève, dans le cadre de son PPS, mais à la vie et au fonctionnement de la classe. Cette attention portée à la vie relationnelle et sociale dans la classe est assurément une mesure de compensation du handicap particulièrement opportune pour des enfants autistes. Elle est rendue possible parce que tous les enfants sont suivis par un même service.

Quels sont les élèves des UEM et des UEEA ?

UEM et UEEA ne sont évidemment pas destinées à des enfants susceptibles d’être scolarisés dans une classe ordinaire. Leur double encadrement leur permet, par contre, d’accueillir des enfants des enfants porteurs de TSA ayant des troubles sévères et pour lesquels une orientation en ULIS ou l’accompagnement par une aide humaine seraient insuffisants et ne répondrait pas à leurs besoins.

Ces élèves sont présents à l’école sur la même durée que les autres élèves de l’école. Ils ne peuvent pas être scolarisés à temps partiel. Cette précision n’est pas anodine, car un certain nombre des élèves viendront sans doute des établissements médico-sociaux où les temps de scolarisation sont souvent très partiels.

Le bénéfice d’une inclusion scolaire collective et individuelle

Les élèves, les enseignants et tous les professionnels intervenant auprès des enfants sont appelés à participer à la vie de l’école dans toute la mesure du possible.

La présence des professionnels de l’équipe médico-sociale facilite notamment l’inclusion des élèves de l’Unité d’Enseignement durant les récréations ou durant les temps de restauration, effectuées sur le même temps que pour tous les élèves de l’école. L’un d’entre eux, généralement un éducateur, intervient toujours sur les temps de récréation comme sur les temps de restauration qui sont des temps éducatifs et d’apprentissage.

Ces professionnels accompagnent de même sur les temps d’activités périscolaires les élèves qui y sont inscrits. Les conditions de participation sont précisées dans la convention.

Les élèves bénéficient de l’inclusion individuelle dans les classes ordinaires quand cela paraît possible.

Directives officielles et recommandations de bonnes pratiques

Les textes officiels précisent que l’UEM accueille au maximum 7 élèves de 3 à 6 ans et l’UEEA 10 élèves de 6 à 11 ans. Les élèves y sont orientés par la CDAPH. La CDAPH oriente vers l’Etablissement ou vers le Service Médico-éducatif qui gère la classe, mais la notification doit faire mention de l’orientation vers l’UEM ou vers l’UEEA. Les élèves font l’objet d’un PPS.

Le cahier des charges prévoit que l’ARS (Agence Régionale de Santé) doit s’assurer que la structure médico-sociale porteuse respecte les recommandations de bonnes pratiques de la HAS (Haute Autorité de Santé). Il prévoit également une formation initiale commune des personnels concernés, répartie en 4 modules. Le retour d’expérience a mis en évidence que la participation de tous à cette formation et l’organisation de temps de coordination constituent l’un des points clés du bon fonctionnement des UEM,

Tous les élèves de l’UEM ne seront pas aptes à fréquenter une classe ordinaire, même après deux ou trois années passées dans cette classe. Le Plan Stratégie nationale autisme 2018  dresse un bilan des premières années des UEM.  50 % environ des sorties ont effectivement abouti à une scolarisation en école ordinaire.


Les textes officiels sont :

– Pour les UEM : instructions interministérielles des 13 février 2014 et 10 juin 2016. La seconde adopte la terminologie de « troubles du spectre de l’autisme » (TSA) qui se substitue à celle de « troubles envahissants du développement » (TED) et elle propose dans son Annexe 2 un modèle de convention constitutive de la classe.
– Pour les UEEA :
instruction interministérielle du 1er août 2018
– Pour les UEE (Unités d’Enseignement Externalisées) :
instruction du 23 juin 2016 
Des UEE pourraient être ouvertes pour des élèves porteurs d’autres handicaps que l’autisme.
Note au 20/10/20 : c’est précisément le cas pour les élèves polyhandicapés avec la circulaire du 2 juillet 2020

_____________________________________________________________________________________________________________________________________

Voir l’article suivant : UEM et UEEA, ouverture des classes et rôle des parents

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Commentaire sur “UEM et UEEA : des classes nécessaires”

Parents, enseignants, professionnels, vous avez une question à nous poser, une remarque à nous faire ?

nous contacter