UEM UEEA

UEM et UEEA : l’ouverture des classes et le rôle des parents

Il y a quelques années, des parents ont obtenu la création des premières UEM (Unités d’Enseignement en Maternelle) puis des UEEA (Unités d’Enseignement en Élémentaire Autisme). Dans un article précédent, UEM et UEEA : des classes nécessaires, nous avons présenté ces classes, qui nous paraissent effectivement nécessaires. Mais elles restent en nombre insuffisant et les parents ont encore beaucoup à faire aujourd’hui pour assurer leur développement, sans compter qu’on commence à voir apparaître, après le primaire, la demande d’Unités d’Enseignement en collège et en lycée.

On sait que ces Unités d’Enseignement s’adressent à un public porteur de troubles tels qu’une scolarisation en classe ordinaire ou en ULIS, même avec un accompagnant à plein temps, serait très difficile et ne répondrait pas à leurs besoins.

Scolariser en maternelle tous les enfants autistes en âge de l’être

Le 3ème Plan autisme (2013-2017) prévoyait l’ouverture d’au moins une UEM par département. Cet objectif a été atteint. En 2022, les UEM devraient scolariser plus de 2000 enfants d’âge maternel, soit environ 10 % de la classe d’âge des 3-6 ans ayant un TSA (Trouble du Spectre Autistique) avec des besoins complexes.

La décision de créer une UEM par département a un caractère assez exceptionnel. C’est assurément l’une des raisons de son succès. Les décisions où le Ministère de l’Education Nationale s’engage sur le quantitatif sont en effet très rares.

Lors de la présentation du 4ème Plan autisme, en 2018, le Premier Ministre et Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des Personnes Handicapées, se sont engagés à scolariser en maternelle tous les enfants autistes en âge de l’être.

Et après la maternelle ?

Concernant les Unités d’Enseignement en élémentaire, le Ministère envisage un premier programme de 45 UEEA d’ici 2022-2023. Ce qui n’est pas faire preuve d’un grand empressement !

Quant à l’éventuelle poursuite du dispositif en collège ou en lycée, elle n’est pas encore dans les tuyaux. On notera toutefois qu’il existe déjà une Unité d’Enseignement en collège dans le 93 (collège Le Parc, à Aulnay-sous-Bois) et une Unité d’Enseignement pour jeunes autistes au Lycée Balzac à Paris (17è).

On trouvera une liste de ces classes dans : liste des UEM, des UEEA et des ULIS pour enfants autistes.

Ouvrir une UEM ou une UEEA

Concrètement et comme toujours dans le domaine du handicap, l’avenir dépendra pour une grande part de l’action des parents  eux-mêmes.

Au plan national, le principe de ces classes est acquis. Les Instructions officielles ont été publiées. C’est au plan local, à présent, que d’éventuelles actions en vue d’obtenir l’ouverture d’une UEM ou d’une UEEA devraient être menées.

Trois instances locales sont concernées : l’Agence Régionale de Santé (ARS), qui assure le financement, l’association gestionnaire de l’établissement ou du service médico-social susceptible de gérer la classe, et la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale (DSDEN ou Inspection Académique), susceptible d’accueillir la classe et de fournir si besoin un poste d’enseignant.

La procédure d’ouverture d’une UEM ou d’une UEEA est en principe la suivante :

  1. L’ARS lance un appel à projet.
  2. Une association qui gère un établissement (IME) ou un service (SESSAD) du secteur médico-social répond à cet appel. Si sa proposition est retenue, elle pourra ouvrir l’Unité d’Enseignement.
  3. L’association passe alors une convention avec l’Education nationale en vue de l’implantation de la classe dans une école ordinaire.

L’initiative souvent première des parents

Chacune des trois instances peut prendre des initiatives en vue de l’ouverture d’une UEM ,ou d’une UEEA.

  • L’ARS peut prendre l’initiative d’un appel à projet, par exemple pour répondre à une demande du Ministère, comme ce fut le cas pour les premières UEM.
  • Un IME qui en voit l’intérêt peut envisager une ouverture ou le transfert dans une école de l’une de ses Unités d’Enseignement et faire connaître sa proposition à l’ARS et à l’Education nationale.
  • L’Education nationale peut également attirer l’attention de l’ARS ou d’un IME sur les besoins d’ouverture d’une telle classe. C’est généralement l’IEN ASH qui interviendra en ce sens.

Mais le plus souvent, rien ne se passera s’il n’y a pas à l’origine un petit groupe de parents, deux, trois ou quatre familles, à la recherche d’une scolarisation adaptée pour leur enfant, qui s’organisent et qui se fassent entendre auprès des instances concernées.

Ces parents vont entreprendre les premières démarches : essayer de mieux connaître les besoins, pour justifier la demande, ce qui est le plus difficile ; trouver un IME et son association gestionnaire qui seraient d’accord pour ouvrir la classe ; obtenir le soutien de l’IEN ASH ; et faire connaître leur demande à l’ARS. Si les parents connaissent une école qui serait d’accord pour accueillir la classe, cela ne peut que faciliter les choses, mais le choix de l’école reste du ressort de l’Education nationale.

Il s’agit donc d’une action à mener auprès des responsables des trois instances locales qui signeront la convention constitutive de la classe. Ces parents pourront agir dans le cadre d’une association locale, voire constituer eux-mêmes une telle association, porteuse de leur projet. Éventuellement, ils s’engageront, pour être crédibles, à inscrire leur enfant dans la classe si elle est ouverte.

Chercher d’autres soutiens

Ils chercheront aussi des soutiens, selon les circonstances locales, auprès de la MDPH, auprès des Enseignants référents, auprès des conseillers pédagogiques et des enseignants ressources TSA, ou auprès de l’IEN ASH. Il faut qu’ils se fassent des amis dans la place.  Ils ne manqueront pas de prendre contact avec le CRA (Centre de Ressources Autisme) de leur région. Les CRA peuvent fournir des informations. Ils peuvent être intéressés par le projet et le soutenir (voir : liste et adresses des CRA).

S’il faut encourager les parents à se mobiliser en ce sens, on rappellera que les premières réalisations, telles que la « classe soleil » de Neuilly-sur-Seine (92), étaient l’aboutissement de l’action tenace de quelques parents, de même que l’ouverture de l’Unité d’Enseignement du lycée Balzac.

 


Pour aller plus loin :

Qui décide d’ouvrir ou de fermer des classes ?
https://www.education.gouv.fr/qui-decide-d-ouvrir-ou-de-fermer-des-classes-2486

Pour en savoir plus sur les UEM et les UEEA, voir les sites internet :

 

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