Enfants sur un terrain de sport faisant un exercice de motricité

L’inclusion collective : les ULIS – Unités Localisées d’Inclusion Scolaires

Les ULIS sont des classes particulières pour la scolarisation d’élèves en situation de handicap. Les parents sont souvent réticents à accepter une orientation en ULIS, ils craignent un effet de filière. Les ULIS ont pourtant leur intérêt.

Les élèves orientés en ULIS sont ceux qui ne tireraient pas profit d’une scolarisation complète en classe ordinaire malgré des aménagements et adaptations pédagogiques. Peut-être même y seraient-ils malheureux. Ce sont des élèves qui ont besoin d’un enseignement adapté dans le cadre de regroupements spécifiques. Mais ils peuvent bénéficier de temps d’inclusion dans les classes ordinaires et ils participent à la vie collective, sociale et festive, de leur école ou de leur collège.

Les élèves : orientation et affectation

La famille qui souhaite une orientation en ULIS, le plus souvent sur les conseils de l’école, devra donc en adresser la demande à la MDPH. La MDPH fera le point sur la situation de l’enfant et sur l’orientation souhaitable.

C’est la CDAPH qui prononce l’orientation en ULIS, dans le cadre du PPS. L’orientation est un processus complexe. Les familles sont associées à la prise de décision. (Voir : orientation).

L’orientation  est prononcée par la CDAPH, mais c’est en principe l’éducation nationale, en l’occurrence l’Inspecteur d’Académie – DASEN – qui désigne l’ULIS dans laquelle l’élève sera affecté.

Les collectivités territoriales assurent si besoin le transport scolaire des élèves.

L’implantation des ULIS

La circulaire sur les ulis, du 21 août 2015, traduit sans doute une réelle intention du Ministère de favoriser l’inclusion scolaire mais en ce qui concerne son application pratique, elle laisse, comme les précédentes, une très large liberté d’appréciation et d’initiative aux acteurs locaux, en l’occurrence aux recteurs et aux Inspecteurs d’académie. Aucune indication n’est donnée quant au nombre d’ULIS par département.

Face au manque de places en ULIS ou à défaut  d’une ULIS qui serait nécessaire, c’est à l’Inspecteur d’Académie que les parents doivent s’adresser pour demander l’ouverture de la classe désirée. Nous leur conseillons de s’organiser alors dans le cadre d’une association. Le plus difficile pour eux sera de recenser et de faire apparaître les besoins.

Ouvrir une ULIS

On trouvera une statistique sur le nombre d’ULIS dans «  statistique sur les ULIS ». Dans l’enseignement public, les effectifs des ULIS écoles représentent environ 8 élèves sur 1 000.

statistiques sur les ulis

Il y a des ulis dans le premier et dans le second degrés. Elles sont implantées dans des écoles, des collèges ou des lycées ordinaires.

La circulaire du 21 août 2015 rappelle que la CDAPH peut orienter en ULIS des élèves susceptibles de poursuivre des apprentissages adaptés,  « même lorsque leurs acquis sont très réduits ».

Certaines ULIS sont plus spécialement destinées à recevoir des élèves présentant un trouble déterminé.

Des ulis spécifiques

La circulaire de 2015 propose un éventail d’ulis ayant une option pédagogique spécifique. La différenciation de ces options apparait bien nécessaire. Souvent dans le passé, en effet, le principal reproche adressé à ces classes spéciales étaient d’être devenues des classes « fourre-tout », marquées par le retard mental, qui représente à peu près la moitié des effectifs, et qui rentre à présent dans la catégorie des troubles des fonctions cognitives ou mentales (TFC). Or on a pris conscience qu’un certain nombre de handicaps en sont tout à fait éloignés. Voir par exemple la dysphasie et la définition qu’en donne le site Tous à l’école : «La dysphasie est un trouble spécifique du développement de la parole et du langage (…) ne résultant pas d’une déficience intellectuelle… ».

 Ces options permettent, en principe, de mettre en place une pédagogie adaptée. ERn voici la liste :
– TFC : troubles des fonctions cognitives ou mentales ;
– TSLA : troubles spécifiques du langage et des apprentissages ;
– TED : troubles envahissants du développement (dont l’autisme) ;
– TFM : troubles des fonctions motrices ;
– TFA : troubles de la fonction auditive ;
– TFV : troubles de la fonction visuelle ;
– TMA : troubles multiples associés (pluri-handicap ou maladie invalidante).

Le coordonnateur de l’ULIS

L’enseignant affecté sur le dispositif est nommé coordonnateur de l’Ulis. Il assure les regroupements des élèves, mais il veille aussi à favoriser les temps d’inclusions individuelles dans les autres classes de l’école ou du collège.

Les enseignants coordonnateurs en sont en principe titulaires du CAPPEI, avec l’option correspondante (voir : INS HEA – CAPPEI)

Organisation et fonctionnement des ULIS

L’ULIS doit favoriser dans la mesure du possible l’inclusion des élèves dans les classes ordinaires de l’école ou du collège. C’est pourquoi la mission du coordonnateur de l’ULISulis est double. Il doit d’une part assurer l’enseignement lors des regroupements d’élèves et d’autre part veiller à ce que lorsqu’ils sont scolarisés dans une classe ordinaire les élèves y reçoivent l’enseignement qui leur convient.

L’Inspecteur d’académie peut prévoir l’affectation en ulis d’un AVSco.

► Les ULIS : dispositions générales
Les ULIS : dispositions particulières 1er degré
Quelques témoignages sur les ULIS

L’orientation à la sortie de l’ULIS – Les ULIS en LP (Lycée Professionnels)

La passation du certificat de formation générale (CFG) est proposée aux élèves pour lesquels on ne prévoit pas  l’accès au diplôme national du brevet.

Le projet « parcours avenir » se déroule de la 6ème à la terminale. Il envisage de mettre en place un certain nombre de démarches qui aideront l’élève à mieux connaître monde économique et professionnel. Il concerne tout particulièrement les élèves de l’ULIS.

Dès le 3ème, des stages en entreprises sont proposés aux élèves dont le PPS prévoit à l’issue de la scolarité en collège l’accès à une formation professionnelle.

Le souci de la préparation de l’insertion professionnelle prend tout son sens avec le développement des Ulis en lycées professionnels. La scolarité en LP est centrée sur l’insertion professionnelle et donc sur la mise en stage. Comme pour les autres élèves, la recherche de stages revient à l’équipe pédagogique en lien avec le chef de travaux. Un conventionnement peut être prévu avec un établissement médico-social dispensant des formations professionnelles ou un CFA.

Les élèves d’Ulis sortant de LP sans avoir été en mesure d’accéder à une qualification reconnue se voient délivrer une attestation des compétences professionnelles

Le souci de la préparation de l’insertion professionnelle prend tout son sens avec le développement des Ulis en lycées professionnels.

Les Ulis dans le 2d degré et notamment en LP

 Un peu d’histoire

Les ULIS du 1er degré s’inscrivent dans la ligne des classes de perfectionnement, premières classes spéciales créées en 1909 pour recevoir des élèves qui ne trouvaient pas leur place dans les classes ordinaires.

les classes de perfectionnement

En 1991 elles étaient supplantées par les CLIS (Classes d’Intégration scolaire), plus orientées vers l’accueil des élèves handicapés tandis que les élèves « en difficulté » étaient mieux accueillis dans les classes ordinaires. La « CLIS » devenait Classe d’Inclusion Scolaire en 2012

les CLIS
les CLIS : inclusion scolaire

La circulaire du 21 août 2015 remplace l’appellation de CLIS par celle d’ULIS (Unités Localisées d’Inclusion Scolaire).

Indépendamment des clis pour élèves sourds, ou malvoyants, ou handicapés moteur, qui sont très anciennes, la reconnaissance de clis ou d’ulis spécifiques, destinées à d’autres handicaps, s’est faite très lentement. Des « clis autistes » ou des « clis troubles du langage » étaient toutefois identifiées dans un certain nombre de départements, sous la pression des besoins, dès les années 1990-2000 (par exemple la clis autistes de Chatelaillon-Plage (17) ouverte à la rentrée de septembre 1995). Mais si le ministère ne les reconnaissait pas officiellement, il ne les désavouait pas non plus. Et les textes officiels évoquaient le principe de clis « regroupant des enfants présentant une compatibilité de leurs besoins et de leurs objectifs d’apprentissage » (circ. 2009-087 du 17 juillet 2009).

La reconnaissance des « ulis tsla » (troubles du langage et des apprentissages a attendu la circulaire de 2015, malgré des demandes pressantes. Il faut savoir toutefois que l’ouverture de ces classes exige la mise en place d’une formation adaptée des enseignants et la création du diplôme (ou de l’option des diplôme) correspondant.

vers des clis spécifiques « tsl »

Textes officiels

Circulaire n° 2015-129 du 21 août 2015 – Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) dispositifs pour la scolarisation des élèves en situation de handicap dans le premier et le second degrés

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