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Comment les étudiants handicapés sont-ils accueillis à l’université ?

Toutes les Universités disposent aujourd’hui d’un service d’accueil et d’accompagnement des étudiants présentant un handicap ou rencontrant des problèmes de santé pour poursuivre leurs études. Ces dispositifs méritent d’autant plus d’être connus que le nombre des jeunes en situation de handicap qui obtiennent le baccalauréat et qui choisissent de s’orienter vers l’enseignement supérieur va croissant. Ils sont facilement accessibles. Ils paraissent bien intégrés dans les Universités et, d’une manière générale, ils semblent donner satisfaction.

Les dispositifs Handicap des Universités 

Ces dispositifs peuvent porter des noms différents : Relais Handicap à La Rochelle, à Paris-Diderot ou à Lille, Pôle handicap à Bordeaux, Mission handicap à Lyon ou à Reims, cellule handicap à Nice, à Toulouse ou à Lettres Sorbonne, etc. Chacun est autonome au sein de son Université, mais ils s’efforcent, par des rencontres régulières, d’harmoniser leurs pratiques. De fait, leurs fonctionnements sont très voisins.

Les caractéristiques du dispositif handicap : un nouveau départ et une perspective d’autonomie

L’aide du dispositif handicap repose, à l’entrée à l’Université, sur une nouvelle analyse des besoins de l’étudiant, en fonction de sa situation et de son projet d’études. On oublie les dispositions prises précédemment, notamment par la MDPH. D’ailleurs aucun prérequis MDPH n’est nécessaire. C’est un nouveau départ.

Le dispositif handicap se préoccupe des difficultés que peut rencontrer l’étudiant non seulement dans ses études mais aussi dans l’ensemble de sa vie étudiante : logement, accès à la bibliothèque, au restaurant universitaire, aux loisirs, aux sports, etc.

La réflexion du dispositif handicap porte sur les moyens de compensation du handicap. Mais ils seront envisagés dans la perspective, à long terme, de favoriser l’autonomie professionnelle future de l’étudiant. L’Université est un passage en vue de la vie active et les échéances sont parfois courtes. Certains étudiants ne passeront que deux ans en IUT.

On notera qu’à la différence de la MDPH, le dispositif handicap n’a pas à prendre en compte le handicap intellectuel, qui n’a pas sa place à l’Université : tous les étudiants sont titulaires du baccalauréat.

Le fonctionnement du dispositif handicap : des équipes plurielles

Le fonctionnement du dispositif handicap repose sur des équipes plurielles, qui correspondent d’une certaine manière aux équipes pluridisciplinaires d’évaluation de la MDPH, mais dont l’organisation est beaucoup plus souple. L’équipe plurielle est construite autour de l’étudiant.  Elle réunit enseignants, médecins, accompagnants et autres partenaires nécessaires en tant que de besoin (il peut s’agir par exemple des services techniques de l’Université si des aménagements matériels sont nécessaires).

Un rendez-vous auprès du médecin du Service de Santé Universitaire est toujours nécessaire. Le médecin donne un avis sur les aménagements proposés.

Ainsi réunis, ces personnels partagent leurs informations, leurs analyses et leur expertise afin de formaliser des plans d’accompagnement qui répondront aux besoin de l’étudiant tout au long de son parcours. On ne multiplie pas les réunions. Pour certains échanges, le téléphone suffit.

La proposition d’aménagements est finalement soumise, pour décision, au Président de l’Université. La décision d’aménagements peut être modifiée en cours d’année en raison de l’évolution de la situation de handicap de l’étudiant.

Les aménagements éventuels

Selon la situation, les aménagements envisagés peuvent comporter :

  • des aides humaines : aides à la prise de notes et à l’utilisation des outils numériques, tutorat d’intégration, tutorat pédagogique ;
  • des aides matérielles et techniques : prêt d’ordinateur avec logiciels spécifiques, fauteuil roulant de dépannage et tablette d’écriture pour fauteuil roulant, assises confortables pour les amphithéâtres ;
  • des aménagements organisationnels : aménagements des emplois du temps, rallonge de prêt d’ouvrages à la Bibliothèque Universitaire, aménagement de cursus, etc.

Des accompagnants de l’étudiant en situation de handicap peuvent s’avérer nécessaires. Mais, plutôt que de faire appel à des assistants professionnels tels que les AESH qui restent envisageables, le dispositif handicap cherche à organiser et à mobiliser un réseau d’aides dans l’environnement ordinaire de l’étudiant. Il cherche à faire jouer la solidarité et l’amitié. Le dispositif mutualise, il s’efforce de sensibiliser la promo, il fait appel à des pairs, par exemple pour la prise de notes ou pour aider aux déplacements, quitte à donner parfois un dédommagement.

Les aménagements spécifiques pour les examens ou concours

L’étudiant peut également bénéficier d’aménagements aux épreuves d’examens ou de concours. C’est le même dispositif handicap qui étudie et préconise les aménagements éventuels. On ne peut que se féliciter de cette cohérence entre les aménagements au cours de la scolarité et les aménagements des examens, qui fait défaut dans le second degré. L’avis du médecin est évidemment très important.

Des doctorants peuvent intervenir comme secrétaires d’examen.

Des voies de recours

L’étudiant qui ne serait pas d’accord avec les propositions du dispositif handicap et de son équipe plurielle peu adresser un recours auprès du Président de l’Université, puis auprès du Tribunal administratif.

Etre attentif au calendrier

Les dispositifs handicap souhaitent que les lycéens susceptibles d’avoir besoin d’une aide prennent contact avant la fin de l’année scolaire qui précède leur entrée à l’Université pour que le traitement et la mise en place des réponses soit opérationnel dès le début de l’année universitaire.

On insistera sur ce point d’autant plus que les étudiants en situation de handicap cherchent souvent à disparaître dans la masse et à se faire oublier. C’est parfois dommageable. L’étudiant, certes, connaît ses besoins, mais le dispositif handicap connaît le contexte.

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Compléments

Pour davantage de renseignements et concernant plus particulièrement l’admission en première année et les démarches prévues pour les candidats en situation de handicap sur Parcours-sup, voir dans le site Intégration Solaire et Partenariat « A l’Université : l’accueil des étudiants handicapés ».

Nous remercions vivement Mme Mouilleron, responsable du service Relais Handicap de l’Université de La Rochelle, qui nous a aimablement fourni les informations contenues dans cet article.
Relais Handicap – Université de La Rochelle – Le service de La Rochelle accompagne environ 200 étudiants (sur une population de près de 9000 étudiants).

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